Les cicatrices du Cambodge

Publié le 4 Novembre 2013

Mes parents ont fuit le Cambodge en 1975. Ma mère est devenue orpheline en 1976, l'année de ma naissance. Aucun Cambodgien n'est sorti indemne de ce génocide. Tous ont perdu un membre de leur famille, tous sont marqués à vie......et pourtant rare sont ceux qui en parlent.

Certains parents ont été si traumatisés qu'ils ont refusé d'apprendre le Cambodgien a leurs enfants. Quand on met de coté sa propre langue, je crois qu'on est profondément atteint.

Aujourd'hui le Cambodge se reconstruit. Les touristes gardent en mémoire les sourires, l'atmosphère et la beauté incroyable des temples d’Angkor.

Mon peuple regarde de l'avant, souffre en silence, cherche à oublier....et pourtant, nous, enfants de la seconde génération nous portons les stigmates des cauchemars de nos parents et de leurs non-dits.

SCARS OF CAMBODIA sera diffusé le Dimanche 17 Novembre de 20h à 21h, aux Ateliers Varan (6 Impasse Mont-Louis, 75011 Paris).

Plus d'infos sur la page facebook de l'évènement : cliquez ici

Si vous souhaitez apporter du soutient aux jeunes du Cambodge, n'hésitez pas à vous rendre sur la page de Samaki Kohn Khmer qui signifie "Jeunesse Khmer unie/solidaire" : cliquez ici ou sur la page Fièr(e) d'être Khmer (ouverte aussi au non Cambodgien)

Des fois, je ne vous fais pas rire. Comme aujourd'hui, t'vois quoi?

Rédigé par Woop Woop by Devi

Publié dans #Humeur

Commenter cet article
S
merci devi pour ce post dommage que je ne l'ai pas vu plus tot, je serai venue! ca me touche toujours bcp quand on parle du cambodge, on a en effet tous un peu meme histoire, et surtout on est la premiere generation à veritablement pouvoir s'exprimer. Chez moi c'est un peu différent, mes parents etaient venus plus tot en france pour faire leurs etudes, donc en fait ils ont vecu le genocide à l'envers ils se sont donc retrouves coupés du monde a 19 et 24 ans, et leur vie a change du jour au lendemain. J'ai une chance de dingue je pense car mon pere a reussi a reunir sur un miracle tous ses freres et soeurs et sa mere, et ma grand mere est juste la grand mere globe trotteuse la plus incroyable du monde, apres la guerre, une dizaine d'enfants, à 86 ans elle continue a voyager dans le monde entier... sans parler autre chose que le cambodgien et le chinois! bref... une tonne de choses a te raconter! pas simple notre histoire, mais je pense que c'est grace à elle qu'on est ce quon est non? Chez nous, ma mere commence a peine a me raconter ce qu'il se passait &quot;avant&quot; ya encore du boulot, du coup on lui a conseillé d'ecrire et cest ce quelle fait! mes parents sont retournés au cambodge, je pense que c leur façon à eux de reconstruire ce qu'ils avaient perdu. je tembrasse fort, merci d'avoir soulevé ce sujet, <br /> Sophie
Répondre
W
Chez nous, on dit que &quot;les routes se croisent lorsqu'elles doivent se croiser&quot; et que &quot;c'est plus près du mur qu'on voit mieux le mur&quot; :)) Blague à part, Sophie, je crois qu'on a plein de choses à se raconter, pas mal de goûts en commun et qu'on apprécie l'humour et la bonne humeur. Si tu es à l'image de ta grand-mère et bien ça promet! A très vite et en attendant Sok Sabay xx
A
Mon père est cambodgien. J'ai 26 ans et son histoire je ne la connait pas vraiment. Il n'en parle pas, on ose pas le questionner par pudeur, c'est presque tabou. Il évoque parfois des brides de souvenirs que j'assemble depuis mon enfance comme un puzzle, pour tenter de reconstituer sa vie. Il s'est retrouvé seul avec ses parents un beau matin, car tout le reste de la famille avait fuit, sans rien dire. Il a connu la faim, la séparation d'avec ses parents, les camps de travail forcé, la maladie, puis plus tard l'exil, les camps de réfugiés en Thailande, puis la France, les foyers... Ce film je ne sais pas si j'ai envie de le voir ou pas. Simplement parce que j'ai peur de ce que je vais y découvrir. Je ne pense pas que mon père voudra le voir. Je n'ose même pas lui dire qu'un tel film existe d'ailleurs. Parce que je sais au fond, qu'il n'est pas vraiment remis et guéri, des atrocités qu'il a subit. Mais j'espère qu'un jour je réussirai à lui parler, qu'il me racontera tout, et ainsi qu'il se libèrera, moi avec, de toutes ces années de non-dit et de silence...
Répondre
K
La cousine de Devi c'est moi :). <br /> Je t'avoue que depuis des années je n'ai ni envie de lire des livres ni envie de regarder des films sur notre histoire. Pourtant on me dit le plus grand bien des films de Rithy Panh et pourtant je jalouse les occidentaux qui en savent mieux sur notre pays que moi. Parce que eux ils n'ont pas peur, parce que eux ils n'ont rien à porter. <br /> Un jour, ma mère s'est ouverte à moi, et ce que j'ai vu je ne peux plus l'oublier. Ce n'était pas tant les horreurs qu'elle me décrivait mais sa douleur qui me torturait le plus. On en a plus jamais parlé, mais elle sait que je la soutiens. Ma mère c'est la femme la plus forte que je connaisse. <br /> Comme toi j'imagine, je ne m'approche que très peu de l'histoire passée (et parallèlement à ça j'embrasse totalement ma culture khmère malgré que je ne le parle pas) car j'ai peur de ce que je pourrais y découvrir et je respecte les non-dits car pleins de souffrances.<br /> Ce film j'ai accepter d'y aller car c'est une histoire racontée, un moment de partage et d'émotions et pas de l'information brute, pas des images horribles qui me feraient faire des cauchemars en imaginant ma petite maman dedans.<br /> J'y vais aussi pour rencontrer tous ces gens comme toi et moi, de la deuxième génération qui ont peur car on va se comprendre sans même avoir besoin d'ouvrir la bouche.<br /> J'espère qu'on t'y verra. <br /> Une pluie de courage sur toi<br /> Koss
W
Une de mes cousines m'a écrit pour me dire, qu'elle ne savait pas si elle oserait venir voir le film pour les mêmes raisons que toi. Finalement, nous avons discuté et elle va venir. Elle a la vingtaine et je crois qu'elle a envie de savoir pourquoi sa mère a le regard embué à l'évocation de cette période noire. Nos parents ne parlent pas parce qu’ils ont le poids de la tradition (on ne se raconte pas, par pudeur et on ne se plaint pas pour les mêmes raisons) et pourtant s'il y avait eu des psy pour les faire parler ou les écouter, je crois que ça leur aurait permis d'être un peu plus en paix. J'ai bénéficié de la double culture, mon regard européanisé m'amène à penser qu'échanger nos expériences, voir les similitudes de nos histoires peut aussi nous être bénéfique. Si tu veux voir le film, nous y seront avec mes cousins et cousines. Tu es la bienvenue. N'hésites pas à m'envoyer un message sur ma page facebook ou par mail. Merci pour ton témoignage!!